Emmanuel Macron et Najat Vallaud-Belkacem, à Marseille, le 29 mai 2015. Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS/AFP

Dernière grande Conférence de presse de la ministre de l’Education et dernière «circulaire de rentrée» du quinquennat Hollande. Ce texte annuel, publié ce 9 mars, fixe le cadre de la rentrée suivante. Héritage de ce mandat de gauche, il entrera en application en septembre, avec un nouveau président et une nouvelle majorité aux commandes. «Cette circulaire donne le cap et le cadre d’une rentrée préparée par le gouvernement, avec un budget voté par ce même gouvernement», a indiqué la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Un texte essentiel, hautement politique, qui peut potentiellement être amendé. En portant par exemple un coup à la réforme du collège ou à celle des rythmes scolaires? En revoyant les programmations de postes? En 2012, la rentrée préparée par Luc Chatel, ministre de Sarkozy, prévoyait 14.000 suppressions de postes. Arrivé Rue de Grenelle, Vincent Peillon en avait créé 1000 dans le primaire dès septembre 2012, fidèle au leitmotiv de campagne de création de 60.000 postes.

Justement, c’est sur cette promesse que Najat Vallaud-Belkacem est abondamment revenue lors d’une intervention aux allures de bilan, sur fond de campagne présidentielle. Sans jamais prononcer son nom, la ministre n’a pas ménagé Emmanuel Macron, le candidat d’En marche! vers qui le cœur de certains ministres socialistes penche. «Certains s’engagent, comme si c’était un formidable progrès, à remettre en place les classes bilangues», a-elle lancé, dénonçant le retour à un dispositif élitiste qui profitait à «15% des élèves». Emmanuel Macron propose en effet de rétablir ces classes ainsi que les sections européennes et d’instituer un «véritable enseignement du grec et du latin». Il veut aussi laisser aux communes qui le souhaitent le choix de sortir de la réforme des rythmes scolaires. «Veut-on renvoyer les enfants des classes populaires devant la télé?», a interrogé la ministre. Enfin, pour Najat Vallaud-Belkacem, la proposition du candidat Macron de diviser par deux les effectifs en CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire n’est pas compatible avec la création annoncée de seulement 4000 à 5000 postes.

Elle soutient Hamon qui s’est engagé à embaucher 40.000 enseignants en cinq ans

«Il faut créer des postes. Je m’en remets au candidat qui s’engagera à plus d’efforts dans l’Education nationale», a expliqué Najat Vallaud-Belkacem, qui soutient Benoît Hamon. Le candidat désigné par la primaire de gauche s’est engagé à embaucher 40 000 enseignants en cinq ans.

De son côté, le candidat de la droite, François Fillon, promet de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires. Très critiqué à l’égard des réformes du collège et des rythmes scolaires, il demande une plus grande autonomie des établissements scolaires, en leur donnant notamment la possibilité de recruter leurs enseignants. Un point commun avec le programme d’Emmanuel Macron.

La promesse des 60.000 postes, dont 54.000 dans l’Éducation nationale, a donc été tenue. Ou tout au moins le sera-t-elle, si la circulaire de rentrée est appliquée. En septembre 2017, 23.639 postes d’enseignants doivent être créés dans le 1er degré, 21.809 dans le second degré, 4.753 dans le privé sous contrat et 4.251 pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Faut-il s’en féliciter? Les 60.000 postes «donnés» en début de mandat aux enseignants et à leurs représentants syndicaux, ont largement paralysé l’action de l’exécutif. Impossible de revoir fondamentalement le statut des enseignants, d’envisager une annualisation de leur temps de travail, de les «gérer autrement», comme le suggérait fortement la Cour des comptes en 2013. Ou encore d’imaginer un système de remplacement efficace, comme l’ont pointé le 8 mars les Sages de la Rue Cambon dans un référé.

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